À Tigery, en Essonne, se joue une part de l’avenir du sport automobile. Des monoplaces 100 % électriques de la Formule E aux premiers buggys de course à hydrogène, Spark Racing Technology conçoit les bolides de demain… et propulse l’innovation essonnienne sur les circuits du monde entier.
L’histoire commence en 2012, à Tigery, à deux pas de Corbeil-Essonnes. Frédéric Vasseur, actuel directeur de l’écurie Ferrari en Formule 1, rassemble une poignée d’ingénieurs autour d’un pari fou : fabriquer les monoplaces d’un tout nouveau championnat 100 % électrique. Deux ans plus tard, la Spark-Renault SRT_01E s’élance sur le circuit de Pékin pour la première course de l’histoire de la Formule E, cousine de la Formule 1. Depuis, toutes les voitures qui s’affrontent sur les pistes du monde entier sortent des ateliers essonniens, et Spark Racing Technology se targue du statut de fournisseur exclusif de la FIA, avec un contrat courant jusqu’en 2032.
Défi technologique et performance
Dans les ateliers discrets de Tigery, une cinquantaine de personnes s’affairent à confectionner une monoplace qui allie économie et écologie. Spark conçoit et assemble le châssis (la structure de la voiture), chaque écurie installant son propre moteur électrique et réalisant leurs réglages.
Si la Formule E ressemble à s’y méprendre à ses cousines de Formule 1, sa conception relève d’enjeux technologiques différents. Qui dit véhicule électrique, dit batterie. C’est volumineux, lourd et offre moins d’autonomie qu’un véhicule thermique. La recyclabilité des matériaux et l’organisation du tissu industriel (distance des fournisseurs, chemins logistiques…) sont également prises en compte lors de la conception de la voiture.
Les prochains E-Prix, prévus à Berlin (le 2 mai), Monaco, Shanghai, Tokyo et Londres, mettront une nouvelle fois les châssis Spark à l’honneur.

Pionnier dans les voitures de course à l’hydrogène
Spark ne s’arrête pas là. La société a conçu la Pioneer 25, premier buggy de course à hydrogène homologué par la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA). Engagé dans le championnat Extreme H, compétition de sport automobile tout-terrain, le véhicule est équipé d’une pile à combustible de 75 kW et d’une batterie haute performance.
Cette machine de 2 200 kg développe 550 chevaux et n’émet que de la vapeur d’eau. Dix exemplaires ont été livrés aux écuries en janvier 2025. À Tigery, les équipes testent les aspects techniques les plus pointus : consommation d’énergie, résistance à l’air, appui en courbe, gestion du courant à très haute tension — entre 800 et 900 volts.
Ces compétitions font aussi office de véritables laboratoires pour les constructeurs, qui expérimentent des systèmes qui sont aussi appelés à alimenter les voitures de route de demain.

