Installée à Tigery (Essonne), l’entreprise Spark Racing Technology conçoit et produit les Formule E, ces monoplaces électriques qui comme les F1, concourent dans un championnat.
Par Thibaut Faussabry
BMW, Mercedes, Nissan, Audi, Jaguar ou encore DS… touts ces constructeurs automobiles prestigieux sont des clients de Spark Racing Technology installé à Tigery (Essonne). Depuis 2012, cette entreprise développe, conçoit et assemble les châssis des monoplaces de Formule E, ces F1 électriques qui s’affrontent sur les circuits du monde entier.
Une aventure démarrée d’une page blanche
Concepteur et constructeur officiel des premières voitures de formule E, la petite société fondée par Frédéric Vasseur s’est spécialisée dans le développement et l’ingénierie de voitures et mobilités électriques à haute performance.
« Chacune des douze écuries qui concourent dispose du même châssis que nous fabriquons pour elles, elles montent ensuite leur moteur dessus », détaille Nicolas Wertans qui dirige l’entreprise aux côtés de l’actuel PDG d’Alfa Romeo F1 Team.
En 2016, l’entreprise essonnienne a remporté le nouvel appel d’offres lancé par la fédération internationale de l’automobile pour la Formule E.
« Il a fallu concevoir une nouvelle voiture de course totalement repensée permettant une meilleure autonomie ainsi que des fonctions de sécurité renforcées », se souvient Nicolas Wertans qui dirige une équipe d’une dizaine d’ingénieurs.https://www.youtube-nocookie.com/embed/D_Nslcl4t04?feature=oembed
Une trentaine de monoplaces produite chaque année pour les écuries
Chaque année pour la nouvelle édition du championnat, l’entreprise produit en exclusivité dans son atelier une trentaine de monoplaces qui sont ensuite acheminées vers les différentes écuries.
Tout au long de la compétition, Spark Racing Technology apporte également un soutien technique sur chaque E-Prix.
« Depuis un an et demi, on travaille sur une troisième génération de châssis qui sera lancée dans un an et qui doit permettre aux monoplaces de formule E d’aller encore plus vite », révèle Nicolas Wertans en montrant un prototype en cours d’élaboration.
Des SUV électriques conçus pour un nouveau championnat
En parallèle, la société a participé au lancement cette année d’Extreme E, un championnat de rallye-raid avec dix SUV électriques entièrement conçues par Spark du châssis à la batterie, et ce, au moins jusqu’en 2024.
Ce championnat se concourt sur des terrains isolés comme les déserts d’Arabie Saoudite, les étendues de glace du Groenland, en Sardaigne ou au Sénégal, afin de montrer l’impact du réchauffement climatique.
« Des pilotes de rallye reconnus comme Sébastien Loeb ou Carlos Sainz y participent contribuant à faire connaître cette compétition », se félicite Nicolas Wertans.
Une aide du plan de relance pour soutenir la propulsion de speed bikes
Il y a quelques semaines, l’emprise tigerienne a été lauréate du « volet territorial de l’appel à projets industriel » de France Relance.
À la clé, une subvention de 400 000 € pour soutenir son projet de développement d’une nouvelle activité d’engineering et de construction de vélos et motos électriques en lien avec l’entreprise LMX Bikes basée en région Auvergne-Rhône-Alpes.
De cette collaboration est née un nouveau modèle de speed bike, un vélo électrique rapide, adapté aux longues distances et offrant une assistance jusqu’à 45 km/h. Une motorisation qui le classe dans la catégorie des cyclomoteurs.
Des recrutements prévus
« Cette subvention de l’État est une opportunité. Elle nous met en confiance pour investir dans ce projet et répondre au défi technique de concevoir un bloc moteur à la fois puissant et compact pour les intégrer au châssis de LMX Bikes », souligne Nicolas Wertans qui porte un « projet de recrutement d’une dizaine de personnes » dans le cadre de ce projet.
« Cet investissement soutient aussi l’essaimage du savoir-faire de l’entreprise, acquis dans l’élite de la compétition automobile, au profit des constructeurs pour leur permettre d’accélérer leur transition vers l’électrification », indique-t-on du côté des services de l’État.

